Le Blog d'un Louis

Etudiant, Cinéphile, Jeuxvidéosaure ET méchant.

15 septembre 2008

Pendant ce temps...

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Petite aparté dans mes posts Batmanien (oui, j'ai bientôt fini! Plus qu'un post, à la rigueur deux, mais ce sera tout.) pour dire que je reviens tout juste d'une semaine passée à Rome ! Et que j'ai surtout fait un mini compte-rendu de chaque journée (en temps réel donc) que je compte bien poster ici , avec tout plein de photos du séjour en plus! Mais seulement une fois que j'aurais définitivement internet dans le nouvel appartement (heureusement, j'ai encore mon pc, tout perdu dans mon ancien appartement... qui du coup est assez vide...)


*Fin de la bande-annonce*

Posté par Dornky à 23:34 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


You thought we could be decent men in an indecent time.

(100% spoiler, comme depuis le début! =))

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    Il est maintenant temps de parler du vrai héros de The Dark Knight. Si Batman et le Joker sont tous les deux les faces inversées d'une même pièce, alors Harvey Dent est cette pièce. Le chevalier blanc de Gotham se retrouve tiraillé dans un conflit qui le dépasse. Il est le centre d'intérêt de cette bataille, et les différents coups du sort qu'il reçoit, ainsi que les choix qu'il fait, font de ce protagoniste un véritable personnage de tragédie antique.

    Je l'ai décrit précédemment, Harvey Dent est le plus heureux des hommes. Il a une fiancée qu'il aime à la folie, il est acclamé par la foule qui croit en lui, il a un boulot qu'il aime tout autant et pour lequel il est doué. Il a toutes les qualités : il est loyal, honnête et droit. Et tout ça, il le doit avant tout à lui-même. « I make my own luck ». La pièce fétiche (donné par son père, comme dans The Long Halloween de Loeb et Sale, même si ici il n'y a pas de mention des abus qu'il aurait pû commettre sur son fils.) qu'il utilise de temps en temps pour prendre des décisions importantes n'est qu'un leurre. Sa pièce est truqué et retombe toujours sur une de ses deux faces.


    Ce qu'il ignore, c'est le poids que son entourage finit par lui mettre sur les épaules. Batman/Bruce Wayne voit en lui le successeur qu'il faut à Batman. Quelqu'un avec le même goût pour la justice, mais qui ne porte pas de masque. Un exemple qui inspire les gens dans le bon sens (ce que Batman n'a pas réussi à être). Harvey Dent est la première vraie bouffée d'espoir pour Gotham City (« since decades » ... en référence à Thomas Wayne, son père ?). Et c'est peut-être aussi le message cachée derrière la scène de l' expérience sociologique des deux Ferrys : Harvey Dent a commencé à insufflé un peu d'espoir dans les vies de ses concitoyens et c'est ce qui empêche en grande partie les deux bateaux de se faire exploser mutuellement. (Ça et le fait que du strict point de vue sociologique, il est toujours plus intéressant dans le « Dilemme du prisonnier », dont l'expérience est issue, que les deux parties ne se sabordent pas l'une l'autre et se fassent confiance.)

    D'un autre côté, nous avons le Joker qui à su voir aussi en Dent le potentiel d'espoir de changement pour la ville. Et se l'accaparer à sa façon tordue. Harvey Dent et son changement inévitable en Double-Face est la plus grande victoire du Joker, celle dont il est le plus fier.

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    « All it takes is a little push ! »

   

    Harvey Dent se croit sortie d'affaire après l'impressionante scène de poursuite du convoi blindé. Et c'est après ce qu'il pense être une victoire que tout lui est arraché. Attaché à une chaise près de barils prêts à exploser, il découvre que la femme qu'il aime est en train de subir le même sort, à plusieurs kilomètres de lui, et que seul l'un des deux pourra être sauvé. Et grâce au Joker, rien n'est laissé au hasard : ce sera Harvey Dent qui sera sauvé, mais détruit mentalement. Plutôt que de le tuer (comme ce fut sa première idée, le Joker change constamment ses plans, au gré de ses envies, c'est aussi une de ses forces), il décide d'en faire un tueur. De le corrompre plutôt que d'en faire un martyr. De le détruire corps et âme.

    La mort (choquante) de Rachel était un mal nécessaire à la naissance d'une nouvelle situation, d'un nouveau méchant et d'un changement dans l'intrigue. Désormais Batman est faillible : la demoiselle en détresse n'a pas été sauvée. Il apprend ses limites, il comprend qu'il a fait des erreurs. Même chose pour Dent ou même pour Gordon. Rachel est la victime innocente de leur pacte d'agression contre les « vilains ».


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    Le fait qu'Harvey Dent soit défiguré à moitié suite à l'explosion de l'entrepôt dans lequel il se trouvait n'est finalement presque qu'anecdotique. Nous avons affaire à un homme profondément en colère (et peut-être aussi aveuglé par une douleur aussi insoutenable physiquement que mentalement, mais douleur qui lui sert aussi de moteur à sa haine), un homme qui accomplit sa vendetta personnel après ceux qu'il rend responsable de son état. Tout le monde y passe : Le joker d'abord qui minimise sa responsabilité et se fait même l'apôtre, une fois encore, de sa philosophie en lui révélant que la seule chose d'équitable dans ce monde injuste est le chaos, le hasard le plus total et aveugle. Il libère Harvey Dent et lui donne un but. Celui-ci le prend au mot, « succombe au mal », et se sert désormais de sa pièce fétiche (confiée à Rachel peu avant sa mort et dont une des deux faces a été noircie et rayée lors de l'explosion) pour décider du sort de ses victimes. Le premier, le joker, est le plus chanceux. Viendra le tour de tour de Wuertz (flic corrompu qui l'a emmené à l'entrepôt) puis de Salvatore Maroni. Mafieux italien et ennemi juré de Dent, celui-ci dispose de nombreuses taupes dans la police... notamment dans l'unité d'élite de Gordon. Et c'est ce qui énerve Dent d'autant plus : malgré ses nombreuses mises en garde, Gordon a préféré « pactiser avec la diable », se servir d'un moindre mal pour en combatte un plus gros. Ce que Double-Face reproche à Gordon est donc un manque flagrant de morale : c'est pourquoi le commissaire Gordon (après Ramirez, la seconde taupe de l'équipe) se révélera être sa principale victime.


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    La confrontation finale du film se révèle des plus brillantes. Plus de joker ni de bombes : nous nous retrouvons à nouveau au milieu de ces trois hommes, de ce triumvirat brisé qui tente de comprendre ce qui s'est passé, de faire un rapide point sur lui-même. Les véritables déclencheurs de tout ce cirque, ce sont eux. Ce sont les seuls responsables de leurs propres destins, ce sont leurs choix qui les ont conduit à cet instant tragique où Harvey Dent, devenu définitivement Double-Face, menace la famille puis le fils de Gordon. Vidé de tout sens morale, remplie par une haine qui le consume, Harvey décide de s'en prendre donc aux véritables responsables, toujours grâce à sa pièce fétiche. Batman d'abord, qui ne sera pas des plus chanceux (mais il porte une armure, c'est de la triche.) Harvey Dent lui-même, qui pointe tout-de-même son arme vers sa propre tempe, et remet son destin entre les mains du hasard. La pièce tombera du bon côté. Mais soyez sûr qu'il se serait aussitôt donné la mort si la pièce le lui avait dicté. Gordon, enfin, dont la punition ne sera pas sa propre mort si le hasard lui dicte, mais de voir celle de son fils de ses propres yeux. Cette scène atroce n'aura finalement pas lieu (dommage ?) puisque le héros-qui-n'en-n'est-pas-un se resaissit et tout est bien qui finit bien. Sauf pour deux personnes :

    -Harvey Dent, bien sûr, dont le destin reste volontairement flou. Est-ce que sa chute s'est révélée mortelle ? Le script officiel du film (et trop proche de ce que l'on voit à l'écran pour ne pas être légèrement douteux) prétend que oui. (« Dead. His neck brocken. ») Seulement le film, c'est à dire ni les paroles ni les images ne font référence explicitement à sa mort. La réputation d'Harvey Dent semble morte. Mais qu'en est il du personnage de Double-Face ? On voit également le commissaire faire un éloge d'Harvey Dent devant une foule épleurée. Mais vu l'importance qu'avait le personnage, cette éloge aurait aussi bien pu avoir lieu si celui-ci était dans le coma. C'est, à mon sens, l'explication la plus plausible si celui-ci n'est pas mort. Et vu le traitement qu'à eu la mort de ce personnage, d'après les images, celui-ci ne peut pas être mort. Je tenais ici à exprimer mon avis sur un débat qui déchire les fans. (Les « Mais bien sur qu'il est mort, ca crève les yeux! » et les « Mais non pas forcément, les actes et les paroles de la scène finale sont plus fines que ça et suffisement ambiguë pour nous imposer la réflexion! »)

    -Batman, d'autre part, qui se retrouvera devant ce qu'il sait faire de mieux. C'est à dire se sacrifier. Pour les autres, pour Harvey, pour l'espoir que celui-ci avait commencé à faire naître, et un espoir qui doit donc perdurer. Quitte à mentir à la population, à endosser les crimes de Double-Face sur son propre compte. « To make the choice that no one else could make. » comme l'avait prophétisé Alfred. Il devient donc au final un véritable hors-la-loi, pourchassé et haï de tous, et il prend sur lui le fardeau des assassinats de Dent, pour le laisser, lui et ce qu'il représente, intact. L'espoir préservée par le mensonge. C'est quand même superbement immorale et couillu comme conclusion de ce qui est considéré par beaucoup comme un simple blockbuster estival, non ?

(Non, vous ne trouverez pas d'images officielles de Double-Face ! Christopher Nolan préfére laisser la surprise au spectateur durant le film ! En même temps, si vous lisez cette page, vous devez déjà avoir vu le film auparavant...du moins, je l'espère.)

Posté par Dornky à 23:27 - Batman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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