23 septembre 2008
Voyage à Rome, première !
Et comme je suis gentil, vous avez droit à ma narration de notre voyage (au Axel et à le moi) à Rome, avec presque deux semaines de décalage !
Explication : Nous devions initialement partir à 5. Mais devant trois désistements, nous avons dû finalement nous résoudre à partir en voyage romantique. Dans la ville éternelle. Qui ressemblait quand même beaucoup à une poubelle.
Claqué tout au long du séjour, j'ai écrit un p'tit résumé de chaque journée, pour ne rien perdre du voyage. Je post ici, pour débuter, le lundi 8 et le mardi 9. Puisque j'avais écris ces deux journées le dit-mardi, à 20h environ. Vous suivez ? Moi, pas !
En tout cas j'essaierai chaque jour suivant de poster la suite. Youpi. Je vous fait remarquer par avance que je parle rai beaucoup de bouffe durant mes différents résumés. C'est normal. C'est l'histoire de ma vie...
Premier jour : Lundi.
Prise d'avion à Baden-Baden. Chauffeur de Strasbourg jusqu'à l'aéroport assez bavard. Mangé une pizza italienne en Allemagne en attendant l'avion. Oublié de préciser aux douaniers la présence de mon eau pour lentilles de contacts. Finalement pas eu de problèmes. Premier voyage en avion de ma vie : tout se passe bien, même si léger chatouillis dans le ventre au décollage et à l'atterrissage. Problème de bus une fois à l'aéroport banlieusard de Rome : le chauffeur semble avoir eu des déconvenues avec la police locale (d'autant plus que sa tête n'inspire pas confiance) ... Finalement parti en retard, coincés dans les bouchons... puis arrivé à Termini (la gare centrale de Rome). De là, il a fallu trouver l'adresse précise de l'appartement ou nous logeons, dans les quartiers les plus mal famés de la ville. Finalement, surprise, les propriétaires sont très gentils (bien que peu présents pour l'instant) et nous avons un grand et bel appartement de 70m2 pour nous deux. Sortie en ville pour découvrir les environs, impossible de trouver un restaurent précis (le tram-tram, de toutes façons fermé les lundis) donc p'tit resto local à la place. Finalement bonne surprise, ce restaurant à l'effigie de vache (Porca Vacca) propose de nombreuses pièces de viande. La serveuse parle le français sans problèmes : dommage, j'essaie quand même de baragouiner de l'italien de temps en temps, pour le plaisir. Nous nous rabattons sur une pizza de la maison, à partir de sauces tomate, champignons frais, mozarella, boulettes de boeuf et morceaux de farce : un régal. Le coucher se fait vers 1h du matin, après une douche bien méritée.
Deuxième jour : Mardi.
Journée découverte de la ville. Levé à 10h30, préparation puis a 12h en ville. Cette fois-ci, direction le sud, vers le Colisée. En chemin, on essaye de nombreuses fois de trouver la Domus Aurea et les Thermes de Trajan... C'est finalement par hasard, après avoir abandonné, que nous trouvons la petite entrée pour visiter cette maison dorée. Seulement les billets s'achètent aux colisée, et les visites sont en anglais. Le tout est donc reporté à un jour ultérieur, vu le nombre de personnes faisant la queue... Place du colisée, on le découvre au moins de l'extérieur (l'intérieur est prévu pour le lendemain, mais cette fois-ci en s'y prenant plus tôt en début de matinée) ainsi que l'Arc de Constantin. A 14h, nous empruntons le métro (Colosseo) pour la place d'Espagne (Spagna) où nous mangeons dans le premier MacDo de Rome (qui est aussi magnifique). Puis de là, nous partons vers l'ouest et nous nous arrêtons sur la piazza Augusto (anciennement le champ de mars, comme toute cette zone)... Nous faisons connaissance avec l'architecture fascisante de Mussolini autour des ruines du mausolée d'Auguste. Entré dans le musée de forme contemporaine qui contient l'Ara Pacis (l'autel de la paix) pour une brève visite d'à peine une heure. Vers 16h, nous suivons le cours du Tibre pour nous rendre à la Piazza del popolo (éthymologiquement, popolo rappelle le peuplier de Néron, et non le peuple !) avec son obélisque central, datant de Ramsès II et piqué d'Egypte par Auguste. De là, on a longtemps tourné en rond pour trouver de quoi se rafraîchir (on a pris à emporter plutôt que de se poser en terrasse !). Puis de la même place, nous sommes montés jusqu'au parc en surplomb pour nous y (re)poser/disputer... Et zou, vers 17h, direction Galleria Borghese, histoire de réserver des places pour la semaine (puisque les visites se font toutes les 2 heures, par groupe de 300 et que le tout est chronométré scrupuleusement par les gardiens.). Une fois les billets en poche, nous avons rejoint le métro (Spagna, alors que nous comptions prendre l'arrêt Flaminio... aucune idée de comment ou pourquoi nous avons gagné une station de métro à pied... Tant mieux, en un sens.) Arrivé à Termini, nous avons tourné en rond pendant plus d'une demi-heure avant de trouver enfin une petite supérette souterraine, afin de quoi acheter de quoi consommer dans la semaine. Retour à l'appartement à 19h, douches (successives !) et lectures et prises de notes (vive le guide du routard !) pour l'excursion du lendemain. Les pâtes bolognaises sont en préparation, la faim toque à notre porte.
Petite précision : Non, pas de photos pour ces deux jours là ! Mon appareil portable numérique n'avait plus de piles... Bon, je pourrais toujours en piquer à Axel : il en a pris environ un millier (le chiffre est exact, je n'exagère même pas.) De mon côté, je n'en ai pris qu'environ 330. Bon en même temps, des photos de Rome, tout le monde en a vu, nan ? Bon, je tacherais d'en mettre quelques unes, la prochaine fois.
TDK : Ultime Acte.
Ouf, on arrive au bout de ce film. Fatigués? Moi, pas. J'ai déjà longuement parlé des personnages principaux... Qu'en est-il des personnages secondaires? En fait, ceux-ci ne sont pas en reste. Par des petites allusions, par des jeux de regards, par la gestuelle ou la vie que les acteurs insufflent à leurs personnages, aucun ne dénote dans le lot. Ce que j'adore surtout est le traitement fait aux différents salops de l'intrigue. Parmi eux, Maroni et ses taupes. Tous sont pourris, sans exception. Wuertz et Ramirez sont ses deux principaux informateurs, des flics ripoux mais avec quelque chose en plus qui transparaît tout du long : la Detective Ramirez fait deux fois allusion à sa mère qui se trouve à l'hopital et dont elle s'occupe nuit et jour. Les extras qu'elle se permet (en faisant du racket, comme le mentionne Dent?) sont avant tout pour pourvoir aux besoins de sa mère. Tout du long, elle semble s'excuser avec ses yeux, pleine de remords... Le detective Wuertz lui est un vieux loup de mer, qui a appris à vivre avec son temps. La seule scène qui lui est clairement dédié le montre brisé par l'alcool... « It's my day off » s'excuse-t-il auprès du patron mais il a plus probablement été démis de ses fonctions (et sujet d'une enquête, puisque Gordon est au courant qu'il a été le chauffeur qui a emmené Dent vers son destin). Il est donc seul, au bar, perdu dans ses pensées au fond de son verre, et quand Dent, à moitié défiguré, le confronte et pose les questions, Wuertz se transforme en petit garçon apeuré aux réponses éculées « I didn't know what they would do to you! ». Le personnage en devient presque pathétique et, du coup, touchant... Salvatore Maroni, enfin, est l'un des grands patrons de la pègre. Ce n'est pas un tendre, c'est un salop, un vrai, un tueur. Et pourtant, Eric Roberts (que je ne connaissais que grâce à son rôle dans Heroes saison 1, et que je détestais pour ça... alors qu'au final, c'était bel et bien le personnage qui était bidon) joue ce connard tout en nuance... Flanqué d'un air perpétuellement cynique sur le visage, il est aussi la face humaine de la mafia. Il éprouve des regrets et les expriment à plusieurs reprises. Tout repose sur son jeu d'expression faciale (haussement de sourcil, moue boudeuse, sourire en coin, etc...) souvent filmé de façon furtive.
Et que dire des autres ! Tous, absolument TOUS sont brillamment interprétés... Le détective Stephens, bras droit de Gordon, que l'on soupçonne à plusieurs reprises durant le film alors qu'il est le seul qui soit finalement aussi intègre que son patron. Lorsque le Joker se sert de lui et le pousse à bout afin de s'évader (« Do you wanna know which one of them were cowards ? »), ce détective a droit à quelques mots qui résument sa personnalité et sa vie. Et là encore nous n'avons affaire qu'à un personnage secondaire parmi tant d'autres (Encore que celui-ci ait ma préférence puisqu'il jouait aussi avec brio le chasseur de vampires et ennemi juré du couple Angel/Darla, j'ai nommé Holtz, dans Angel saison 3...) ! Les exemples sont trop nombreux pour être tous cités... Une pensée encore pour le prisonnier malade mental avec une bombe et un téléphone greffé dans le ventre (l'acteur est particulièrement convaincant...) ou le capitaine du Ferry avec les civils... et parmi eux la mère de famille, ou l'espèce de salopard qui pense être prêt à se salir les mains (dont les mains tremblent sensiblement... et l'une d'elle comporte une alliance à l'un de ses doigts, détail détail...) pour sauver sa peau. C'est tout cette vie que le réalisateur a su insuffler à ses personnages, du principale protagoniste au plus obscur petit second rôle, qui permet de donner une certaine richesse au film.
Les musiques de James Newton Howard et de Hans Zimmer sont un modèle de perfection. La B.O. se démarque d'ailleurs, comme pour le premier opus, par le fait qu'elle ne comporte pas de grand thème héroïque associé à Batman. Le thème un tant soit peu pompeux est dédié à Harvey Dent, véritable héros américain (jamais très loin d'un Kennedy)... même si ce thème comporte quelques discordances sur la fin. La mélodie pompeuse se transforme peu à peu en mélodie lointaine, brisée (les notes au piano se font de plus en plus espacés)... Avant de finir sur le magnifique « Watch the world burn » où les violons langoureux, lors du face à face à face...à face, se font de plus en plus cacophonie avant de sombrer dans la folie, dans le chaos le plus total (à l'image, bien sur, du protagoniste...devenu pour le coup antagoniste)... Et pour le Joker ? Lui, pour le coup, a droit à sa musique atitré... enfin, musique... « Why so serious » est un exemple vibrant de musique décalé, sans dessus dessous et presque dérangeante... (arrêt brutal du son, passage abrupt des aigus aux graves) C'est aussi dans ce morceau que l'on peut entendre les petites notes de piano désaccordées lorsque le Joker fait se révèle dans différentes scènes. Et c'est la même chose pour l'espèce de ... « mono-son » qui précède chacune de ses entrées en scène... Un peu comme un espèce de buzz dérangeant, qui nous fait grincer des dents. A noter tout de même que c'est la première fois -de ma vie- que je pleure pour une musique... Je parle ici du titre finale (« A Dark Knight », et plus précisément le passage déchirant avec moults violons entre la 3ième et la 7ième minute -oui, le morceau dure 16min15- ... Et ce alors même que je n'avais pas encore vu le film !
Je crois que l'on approche de la fin de cette critique-analyse, qui ressemble le plus souvent à un gros « Trop de la balle ». Trop bien ? Oui. Mais.
Ah, ce « mais ». C'est ce qui m'a empêché au premier visionnage d'être complètement emballé par le film. C'est ce qui m'a empêché, lors des cinq visionnages suivants, de mettre la note parfaite pour un film parfait. Sans hésiter, bien sur, je mettrais un p'tit 9 sur 10 à ce film tout de même très couillu et très bien fait, en terme de scénario, réalisation, musique, jeux d'acteurs, etc.
Mais combien après la virgule ? 9,2 ? 9.6 ?... En fait le principal problème vient justement de cette fichu scène finale. La fin avec le Joker est parfaite : non seulement celui-ci tombe de plusieurs étages (petit clin d'oeil au Joker de Nicholson ?) mais encore le fait-il en riant (détail important ! là où le Joker de Nicholson avait peur et tombe en hurlant, celui de Ledger rit aux éclats alors qu'il est sur le point de mourir ! Quelqu'un qui rit face à la mort, bizarrement, m'effraie davantage) pour se faire finalement rattrapé par Batman. La boucle est bouclée, ces deux-là seront des ennemis pour le reste de leur vie, et le Joker de Ledger atteint l'immortalité.
C'est la fin de Double-Face qui me pose beaucoup plus problème : vivant ? mort ? Il semblerait que Christopher Nolan (ou la production ?) n'arrive pas à se décider. Harvey Dent, qui tombe de plusieurs étages, gît en bas de l'immeuble, pendant que Batman et Gordon improvisent un plan. Le hic, c'est la chute de Dent. Je ne m'attendais pas à un grand saut de l'ange au ralenti sur fond de violons, mais à un minimum, tout de même ! Hors là, nous avons une musique soudaine (et trop typé héroïque) où on nous montre une ombre (Batman) en train d'en pousser une autre (Dent) ... Puis plus rien. Harvey est au sol, la nuque brisé nous annonce le script. Seulement, rien ne nous la prouve, visuellement parlant, sa fichu mort ! Et ce n'est pas une question de sous-lecture ou de dialogues très fins : c'est clairement une absence de décision nette, une porte de sortie ouverte, ou non, pour l'avenir. Et, pour une fois, j'aurais aimé avoir une réponse claire...
A présent tout repose donc sur un 3ième opus ! Si jamais Double-Face a trouvé sa fin dans cette chute finale alors il faudrait presque re-tourner cette scène, voir l'allonger, et nous permettre (à moi et à d'autres) de faire notre deuil. Si il est bien mort dans cette scène, alors c'est bien dommage qu'elle finisse aussi abruptement, ce serait à deux doigts du mauvais goût. Si, au contraire, le personnage est toujours vivant (après tout les dialogues ne font allusion qu'à la mort de sa réputation) alors il serait clairement intéressant de le ressortir du placard dans la 3ième suite. Je l'ai déjà dit ici, mais je vote personnellement pour un coma profond ! Le discours de Gordon pour Dent, entre aperçu à la fin du film, prendrait du coup tout son sens.
En bref, vous l'aurez compris, c'est cette fichue mort ou pas-mort qui me courre sur le haricot et m'empêche de couvrir ce film d'éloges (Quoi ? C'est pas ce que j'ai fais pendant 11 pages d'OpenOffice, on m'aurait menti ?) ... Ça et le fait que, de temps en temps, je trouve le montage du film trop rapide à mon goût, notamment dans la première heure du film. J'aurais aimé un film qui prend un peu plus son temps, qui ait l'air moins pressé (ce qu'il fait par moment, heureusement). En gros, j'aurais bien aimé un film de trois heures. Damn you, Warner Bros. !
Et pour finir de chez finir, non, je n'ai pas fait allusion aux différentes visions religieuses et/ou politiques que l'on a tenté de faire endosser au film. On a en effet d'un côté un Batman Christique parcequ'il prend la décision de se sacrifier (spirituellement parlant... mais dès qu'un film parle de sacrifice pour les autres, d'abnégation, il est aussitôt taxé de faire partie de la Jésus Corp.) et de l'autre côté, nous avons différentes familles politiques qui essaient de se l'approprier. Le discours du film fait très fasciste pour beaucoup (voir l'article de Libération sur ce film, assez condescendant et qui mentionne en passant leur point de vue politique, c'est tellement bienvenu! -oh ça et le fait que l'auteur face allusion à Heath Ledger dans son rôle de "cow-boy pédé" (sic)...- Bref, la crème des critiques cinémas !) alors qu'il me semble pourtant évident que ce film, et Nolan à travers lui, est d'une humanité sans pareil.
J'aime le Cinéma et les différents films pour les histoires qu'il peut m'offrir. Pour l'évasion qu'il me procure. Mais sans toutefois trop s'éloigner de la réalité. Et j'ai été plus que gâté avec ce film : c'est une sacrément belle histoire qu'il raconte.
Fin.
(Je crois.)




