28 septembre 2008
Voyage à Rome, l'ultime !
Sixième jour : Samedi
Dernier jour complet à Rome. D'apparence plus tranquille, la journée n'en a pas moins été chargé... Debout à 8h30 pour prendre le métro vers 9h30... La pluie de la veille au soir aura permis le départ de la chaleur étouffante de ces derniers jours. C'est déjà nettement plus agréable! Nous arrivons presque au Terminus de la Ligne B et tournons un peu en rond avant de trouver le musée de la civilisation romaine, en pleine « Exposition Universelle Romaine » voulue par Mussolini mais devenu une quasi-ville fantôme... Première impression : le musée est gigantesque, tout en colonnade. Seulement, petit désenchantement une fois à l'intérieur puisque nous sommes en effet les seuls visiteurs semble-t-il ! Nous rentrons devant plus d'une demi-douzaine d'hotesses et de gardiens, dans ce lieu gigantesque, et nous ne sommes que deux... Finalement pendant la visite, d'autres personnes (touristes aussi, pour la plupart) nous rejoindrons... Beaucoup de statues, ruines et maquettes. Des reconstitutions du Colisée, du Cirque Maxime, de divers thermes de Rome ou dans le monde méditerranéen, etc. Dont une gigantesque maquette de ce qu'a été Rome vers la fin de l'époque impériale. Ça aide à se repérer et surtout à se faire une idée plus précise de ce à quoi tout ça pouvait bien ressembler...

Vers midi nous revenons de notre unique sortie vers la périphérie pour revenir dans Rome intra-muros... Nous mangeons au Burger King, parce que d'une c'est pas trop cher, que de deux on aime le plaisir coupable du fast-food bien gras et que trois, je ne connaissais que le MacDo et le Quick, c'était donc une première pour moi!... D'ailleurs, bien meilleur que les deux enseignes cités précédemment, le goût de leur sandwichs m'a fait penser au feu Lucky-Luke Burger d'Angoulême, pour ceux qui s'en rappelle encore.
En passant dans la rue, instant shopping dans des magazins spécialisés (alimentation et vin) pour offrir à une amie, qui a gardé notre p'tit chaton tout le temps du voyage (Hé oui, j'en ai jamais parlé ici du p'tit chat moi!). Une fois les emplettes faites, retour à l'appartement histoire de se débarasser du contenu de nos sacs et de refaire le point sur la marche à suivre pour le restant de la journée. Finalement ce fut simple : en sortant à 15h, petit glace dans ce qui a l'air d'être pour beaucoup le meilleur glacier de Rome : le palazzo del Freddo Fassi. En fait tout aussi bon que les glâces qu'on a l'habitude de s'empiffrer devant la Cathérale de Strasbourg (bon, peut-être légèrement meilleur, mais de peu) elles sont néanmoins beaucoup moins cher (3e le Cornet taille maxi, avec 4 parfums et de la crème chantilly maison, un pur régal)... Ensuite, re-métro pour rejoindre le centre historique et arrêt dans deux églises presque voisine pour contempler plusieurs oeuvres du Caravage. Une expo autour de saint Matthieu dans la Chiesa San Luigi dei Francesi et un unique tableau, « La Madone des pèlerins » dans la Chiesa San Agostino. Oui, j'aime toujours autant, voir davantage. Les peintures du Caravage ont une force que je n'avais jamais ressenti auparavant et pour laquelle je ne peux pas m'exprimer avec des mots.
Par la suite, direction le palazzo Altemps. Toujours munie de notre Archéologia Card, encore un musée qui nous ouvre ses portes (ça en fait 5 pour seulement 10euros, pas mal!). Comme d'habiture, très jolie (celui-ci contient une grande cour intérieure pavée) mais les salles sont toujours regroupés de façon désordonnées, et il n'est pas rare de passer par la salle 32 pour rejoindre la 20 qui est un raccourci pour la 14. Je suis médisant sans être trop éloigné de la réalité... A 18h30, petit arrêt dans un café, non loin du Panthéon. Cappucino pour l'Axel, chocolat au lait pour moi (qui d'ailleurs se révélera très onctueux et bien meilleur que le cappucino !). Balade dans diverses ruelles en attendant l'heure de dîner, quelques spectacles de rues vers la piazza Navona, notamment des gens immobiles et plus ou moins grimés, qui ne bougent que si on met une pièce dans leur chapeau. Très bien fait et très amusant (Je parle comme un vieux con, là, nan ? Depuis le début du séjour, remarquez!). A 19h30, nous nous tâtons entre deux restaurants (façon de parler) avant d'opter pour une adresse bien notée par le Routard, là encore, dans une rue juste à côté du Panthéon. Bon restaurant... même si je n'ai finalement pas opté pour la meilleure des sauces pour accompagné mes pâtes (trop épicée!) là ou Axel a eu plus de chance (des pâtes faites maison avec des tomates et champignons frais...) Le second plat s'est révélé plus appréciable : des tripes à la romaine pour lui, des escalopes sauce au vin aux haricots blancs pour moi. Malheureusement là encore, pas de Tiramisu puisque déjà plus disponible selon la serveuse...que je soupçonne d'avoir menti, vu le nombre de clients qui attendaient notre table. Pas plus mal finalement puisque une fois l'addition payé, un autre serveur vient nous rendre la monnaie... avec 9 euros en trop. Huhu, encore une fois malhonnête, nous n'avons pas attendu notre reste pour partir. On est des vrais connards en fait. (Bon, on culpabilisaient un peu...) Sur le chemin, nous nous sommes arrêté dans une église (encore une, il y en a tous les 2 mètres!) en passant devant puisque nous avons vu par hasard qu'un concerto y avait lieu le soir même... Nous sommes restés quelques instants pour écouter le choeur (venu des Etats-Unis) accompagné d'un orgue (pas toujours juste à mon sens) dans cet endroit à l'acoustique étonnante.

C'est finalement après une heure ou deux de marche intensive pour regagner l'appartement (et ainsi refaire quelques monuments ou lieux de Rome à la nuit tombée) que nous arrivons, harassés et exsangue (si, si). J'ai de plus en plus d'ampoules sous les pieds et de moins en moins de vêtements propres : il est grand temps de rentrer. Ça tombe bien, demain matin, c'est le grand départ. Et demain après-midi, adieu Rome, bonjour Strasbourg.
27 septembre 2008
Voyage à Rome, troisième !
Cinquième jour : Vendredi
Levé à 7h30 pour le Vatican. Bon il fallait le faire, ouf c'est fait. parce que le refaire une seconde fois se révélera particulièrement difficile. Après quelques stations de métro cra-cra de la ligne B, un peu de marche pour rejoindre le Musée du Vatican... Pour finalement se retrouver coincé au milieu d'une centaines d'autres personnes qui ont eu la même idée lumineuse que nous. En fait la queue pour le musée commence sur le trottoir le long d'une des enceintes du Vatican... et peut durer plus d'une heure certaines journées. Nous avons eu de la chance, à peine 20 minutes d'attente (Il était tôt) ! Nous prenons notre ticket à un personnage apparemment muet, ou juste hyper désagréable, au choix. Et là, c'est le drame. C'est une véritable course d'endurance, sur plusieurs kilomètres pour rejoindre la chapelle Sixtine (histoire de la voir puis d'être tranquille ensuite). Sauf qu'un immense flot de touristes fait la même chose. Nous n'avions jamais vu ça : des couloirs immenses bondées où il est quelque fois impossible de continuer de progresser devant un tel mur humain. Et vas-y que je te flashe toutes les oeuvres délicates avec mon appareil photo dernier cri dans des salles ou il est expressément indiqué de ne pas se servir de son flash. Et aucun gardien (ils sont nombreux pourtant !) ne semble s'en émouvoir... Le tout dans une ambiance moite et poisseuse, comme dans un métro. Cette traversée se fait donc divers salles, couloirs, escaliers... Beaucoup de Raphaël un peu partout. Personnellement je trouve toujours ses peintures trop rondes et colorées. Bon, ça n'engage que moi, hein. Une fois dans la chapelle Sixtine, l'ambiance reste malheureusement la même : beaucoup trop de monde, un air irrespirable et un irrespect lui-aussi total pour le lieu. Les gardiens sont sans cesse obligé de demander un peu de silence ou de venir personnellement rappeler aux personnes présentes que les appareils-photos, et à fortiori les flash, sont strictement interdits dans cette salle. Le lieu en lui-même est bien sûr magnifique, bien qu'un peu trop sombre (la faute à un début de temps couvert à l'extérieur ?). Et comme d'habitude, il y a tellement à voir qu'il est difficile de réussir à focaliser son attention. J'admire beaucoup le travail de Michel-Ange, mais il faut bien avouer que ses personnages body-buildés (oui, même les vieillard décharnés ont des abdos en béton !) ont tout du Akira Toriyama (« Dragon Baaaall Z, la lutte finale, lalalala »). Retour sur nos pas, visite de jardins, de divers musées dans le musée... Mais toujours en quatrième vitesse parce que l'ambiance y est des plus détestables. Toujours la même foule partout, et le pire : des vendeurs agréés, derrière leurs comptoirs, dans quasiment chaque couloir, qui proposent tous des livres, des souvenirs, etc. J'en ai compté une bonne dizaine, en plus du sacro-saint passage obligé par la librairie finale de tout musée. Finalement, ce ne sera pas le meilleur souvenir du voyage, loin de là.
Heureusement, la suite est mieux. La basilique du Pape vaut le coup d'oeil, c'est le moins qu'on puisse dire. Sur la place Saint Pierre, beaucoup de monde (et pourtant le Pape était absent) et une file d'attente monstrueuse pour y pénétrer... mais curieusement, elle fut très facile à gruger ! Huhu, je garde encore bonne conscience : c'était ma journée ras-le-bol des touristes et je considère cet acte comme une petite satisfaction personnelle. (Et c'est une chose que je ne me serai jamais permis de faire en règle générale !). Avant de pénétrer dans le saint des saints, visite éclair de la crypte (qui est mieux pavé que la place principale) où reposent les corps de plusieurs papes, dont celui, encore tout frais, de Jean-Paul II. A l'étage, changement d'ambiance : tout y est effectivement complètement démesuré. Le lieu en lui-même bien sûr, deux fois plus grand que n'importe quelle autre cathédrale du Monde. Les statues de plusieurs mètres de hauteur, le « petit » autel entouré de ces quatres colonnes surdimensionnées... Les lettres latines sous la coupole font tout de même la taille d'un (grand) homme et les chérubins autour des fontaines font eux aussi près de deux mètres de haut ! C'est une église faite par des géants pour des géants... Après ça, n'importe quel lieu peut vous sembler ridiculement petit. Petit regret : nous n'avons pas pu gravir les marches jusqu'à la coupole et pu ainsi admirer les différentes vues possibles. Mais la queue était encore une fois beaucoup trop longue et il commençait à faire sérieusement faim.
Du coup, départ pour le centre ville, en passant devant le Castel del'Angelo et sur le petit pont façe à lui... recouvert de statues du Bernin tout du long, que nous n'avons regarder que d'un oeil (bah on savait pas, nous, que c'était du Bernin ! Faut l'indiquer ! Remarquez, il est absolument partout dans la ville, on dirait que c'est lui qui l'a décoré de A à Z). Et pour une fois, la bonne surprise ! Nous entrons à 12h45 dans un petit restaurant sans enseigne et assez typique. On y mange très bien et très beaucoup (Enfin, copieusement quoi). Le service était correct, sans plus (mais au moins, pas désagréable, à Rome c'est déjà énorme !). Je les aurais eu mes pâtes ! A la Carbonara. Et pas de la Carbonara de PD : des vrais morceaux de lard, une sauce bien jaune et grasse, des grosses pâtes italiennes... Un régal. Avec ensuite une sauce pour accompagner le veau (ne me demandez pas laquelle...) avec des pommes de terre cuites dans son jus, au four... J'avais l'impression de manger quelque chose qu'aurait pu faire ma grand-mère (c'est un compliment) ! Pas de desserts : ils n'en proposaient que deux et le mille-feuilles n'était pas très tentant.
Petite promenade digestive le long du Tibre et dans la ville en atteignant la Crypte Balbi vers 14h45. Petit musée sans prétention. Le problème ? La visite guidée, entièrement en italien. Et ce n'est pas en chopant un ou deux mots dans plusieurs minutes de monologue que l'on peut comprendre quelque chose... Du coup, nous sommes pratiquement incapables de parler de ce que l'on a visité. Ça parlait de plusieurs couches sédimentaires qui indiquaient le passage des siècles et des époques... sur et euuuh... sous ?...euuuh... un théatre antique ? Ça avait l'air passionnant en tout cas, c'est dommage... Prise de métro au Colisée pour s'arrêter à la gare Termini, prendre quelques renseignements de ci de là et faire de rapides courses pour le soir. Et ça n'a pas louper, nous sommes tombés sur le caissier le plus désagréable de Rome. Bon, je suis mauvaise langue, tous les italiens ne sont pas tous comme ça : j'ai même eu droit personnellement à un gros clin d'oeil de la part du Monsieur Renseignement (qui parlait français !) pour les bus. J'en cherche encore la raison.
Une fois dans l'appartement (à 16h30) douches et... sieste ! parce que la fatigue commence à se faire ressentir en cette fin de semaine. D'ailleurs pour demain, ce sera visite d'UN musée puis farniente et achats de souvenirs. Enfin pas trop non plus, parce que le porte-monnaie commence lui aussi à faire la tête.
Ce soir nous avons mangé à nous en faire crever la panse (des pâtes bolo maison, encore !) et la nuit va être encore plus difficile...
25 septembre 2008
Voyage à Rome, deuxième !
Troisième jour : Mercredi.
Levé à 7h du matin, beaucoup de mal à émerger... à 8h, départ depuis l'appartement pour arriver vers 8h30 au Colisée... Peu de monde à cette heure-ci, la queue se fait rapidement... mais c'est pour nous voir mieux refoulé, au moment de payer, par le guichetier (plutôt mignon soit dit en passant) ... Rome est une des rares villes où on peut marcher plus de 35 minutes, sous un soleil de plomb (oui, dès 9h...), sans trouver une seule banque ni même un seul distributeur de billet. Ce qui est vraiment embetânt lorsque c'est précisément ce que l'on recherche. Ce sera finalement près du Latran que nous en trouverons un. Et comme il est hors de question de repartir sur nos pas pour retrouver une queue monstrueuse, c'est parti pour la visite du dit-Latran ! Des grands tableaux, caveaux, sculptures monumentales : pas de doute, on est à Rome.

Et comme nous sommes bien organisé, nous voici parti pour les Thermes de Caracalla, à l'ouest. Y'a pas à dire, on savait se faire plaisir à l'époque... Nos piscines actuelles sont d'un ridicule à côté... (Oui, bon, c'était plus un centre socio-culturelle à l'époque et aller aux bains thermales n'avait pas la même signification que la piscine pour nous aujourd'hui, blabla. N'empêche que.) Depuis les thermes, on arrive rapidement au Cirque Maxime. Ou ce qu'il en reste, pour ainsi dire : rien du tout. Le lieu est très peu mis en valeur, voir pas du tout. On dirait un immense rien, là, en plein milieu de Rome ! Pas de panneau explicatif, de tentative de valoriser l'endroit... Tout juste les chemins au milieu de l'herbe sont censés rappeler la circonférence du cirque et de sa piste centrale. Bref : de là, vu sur le forum romain (que nous visiterons demain matin, vu la chaleur de l'après-midi) par diverses ruelles. Et c'est d'ailleurs par pur hasard que nous débouchons sur la place du Capitole (Photos, photos.). A 12h30, nous nous faisons alpaguer par une femme-publicité qui nous propose (en français appris par coeur) de nous rendre dans la ruelle d'à côté, pour y manger de tout (buffet à volonté) pour 12euros, dans une chaleureuse ambiance. Comme on est les parfaits pigeons, on y va. Et rien à redire. On y mange bien, on paye vraiment que 12euros et le cadre est sympatoche (excepté pour ce pauvre George Michael qui danse sur les murs grâce à des vidéo-projecteurs.). Pas très italien tout ça.

Vers 13h30, nous voici parti pour le Colisée, enfin ! Muni de nos Archeologia Pass, tout va plus vite. Le monument ne nous laissera pas un souvenir impérissable (d'autant plus que le complexe des Thermes dans la matinée semblait plus imposant). Et puis un audioguide pour deux, c'est 4 euros d'économisés, mais c'est extrêmement peu pratique (Et hop, deuxième dispute de la journée !). C'est vers 15h30-16h que nous partons pour le Palazzio Massimo, près de la gare. Au moins, l'intérieur est climatisé. Deux heures de sculptures, mosaïques et numismatique. J'ai l'air de me plaindre, mais j'ai adoré hein ! Magnifique sculpture d'Auguste en grand pontife, d'un « boxer » bien amoché, d'un bel éphèbe au prépuce gargantuesque et du bien-connu Discobole. Oh et une momie de fillette, aussi ! C'est pas grand chose, mais ça marque son homme. A 18h, le musée ferme ses portes. Donc autant revenir à l'appartement, parce que mine de rien, ça fait déjà 10 heures qu'on marche, piétine, visite, bouscule, etc. Douche à l'arrivée, rédaction de ces quelques lignes et un (bon ?) manger suivra. Hum et la machine à laver a fait sauté les plombs. Heureusement que la voisine-proprio dansait dans son salon dans l'appartement d'à côté (avec sa fille, je suis médisant) et nous a remis tout ça en place. (Les plombs se trouvaient en fait bien cachés à l'arrière d'un tableau ! Qui l'eut crû ?)
Prévu pour le lendemain : départ à 9h pour visiter le forum romain et les impériaux. Dans la foulée, visite du panthéon. Nous essaierons de manger dans un resto près de la place di Spagna (Je veux mes pâtes italiennes ! Même si on en mange encore des maisons ce soir, je veux pouvoir en essayer dans un restaurant. Oh et la fontaine de Trevi, dans la foulée !... Puis à pied pour le Castro Praetorio (voir ce qu'il en reste), via un lieu bien macabre d'après l'indispensable guide du routardier et à 17h, visite de la Villa Borghese, pour deux heures chrono !
Quatrième jour : Jeudi.
Levé à 8h, sortie du lit à 8h30 ! Préparation matinale tranquille puisque l'on quitte l'appartement à 9h30 pour arriver de nouveau au Colisée vers 10h. Mais pas le temps de s'attarder : en route pour le Palatin ! Avec la visite -assez éclair- de ce qu'il peut contenir. Entre la chaleur de la matinée (on doit avoisiner les 30 degrés, comme d'habitude) et mes monstrueuses ampoules sous chaque pied, la journée commence assez difficilement. Maison d'Auguste (et donc des Empereurs suivants), petit musée sur le lieu... Rien de transcendant, c'est toujours des ruines, et il est toujours difficile de s'imaginer le lieu tel qu'il pouvait être deux millénaires plus tôt.

Le Foro Romano a l'avantage d'être légèrement mieux conservé. Il garde encore aujourd'hui toute sa grandeur. Le fait de pouvoir marcher entre les grandes ruines des différents temples ou lieux de vies aide énormément -plus que sur le palatin en tout cas- à se représenter l'époque. Les Forums Impériaux voisins ne sont pas encore suffisamment mis en valeur (espérons que cela changera), d'autant plus qu'ils se retrouvent tous en contrebas, coupés par une route très fréquentée... En suivant cette route, nous arrivons assez rapidement au Panthéon. Le pauvre est d'ailleurs devenu une basilique (on ne m'avait pas prévenu !) et est à présent plutôt un monothéon... Le seul avantage de cette situation est que le bâtiment a ainsi pu survivre aux siècles.

(Malheureusement, je n'ai pas pu prendre de photos du reste de la journée ! Soit par flemme, soit parceque Axel en prenait déjà des tonnes, soit tout simplement par respect pour les oeuvres qui ne doivent pas être flashées à longueurs de journées !)
Et c'est sur les coups de midi et demi que, n'y tenant plus, nous nous arrêtons dans un petit restaurant (Rosa Rosae) qui finalement a tout de l'attrape-touriste. Les lasagnes et le reste font très cantine... Le serveur refuse de nous donner de l'eau en carafe (hého, faut la payer en bouteille, où on boit pas !) et fait preuve d'un manque flagrant d'amabilité (huhu). Du coup on ne prend pas de dessert et on file. En passant, petit arrêt à la Fontaine de Trevi : malheureusement très (trop) fréquenté, le lieu reste très joli avec cette fontaine majestueuse et presque assourdissante. Mais comme on a envie d'un dessert, on file vers le « D'Angelo », la meilleure pâtisserie du tout-Rome (ouh, des profiteroles à 7euros !), d'après le p'tit Routier... Oui mais non. parce que à peine devant, premier serveur qui nous saute un peu dessus pour que l'on prenne place. Je préviens que c'est uniquement pour les desserts, il baragouine quelque chose en nous installant. Le premier contact est difficile. Deuxième serveur qui vient apporter les menus. On re-prévient que ce n'est que pour un gros dessert. Visiblement ça lui déplait puisqu'il nous tend la carte des desserts de mauvaise grâce en nous rappelant qu'à 13h45, on n'est plutôt là pour déjeuner... Okay. Et sur ce, un troisième serveur -un peu crasseux- qui nous demande ce que nous prendrons comme boisson, d'un air agressif et bovin (les deux sont possibles !). Tant pis, c'est quelque chose que je déteste faire mais on part sans demander notre reste... Trois serveurs exécrables à la suite... Ils ont dû y gagner au change et nous aussi. Tout le monde est content. Sauf nous, qui avons toujours faim. Du coup, majestueux cornet à 3 parfums pour (5euros) pour compenser. Ça coule de partout, c'est gros et c'est divin. u_u
Petite attente de quinze minutes pour le cimetière-crypte-art-déco du Cimitero dei Capuccini. L'entrée est gratuite mais payante : on doit donner selon notre « générosité » ... Le minimum est quand même fixé à un euro, et je ne sais même pas si l'entrée serait toujours possible avec la cerbère à l'entrée qui vérifie que tout le monde met bien sa pièce. Bussiness-Bussiness. L'intérieur est extrêmement macabre : des squelettes ou des corps momifiés vêtus de leurs tenues de moine, debout ou couchés. Entourés d'ossements de toutes sortes. Les fémurs servent à faire des niches dans les murs, plusieurs bassins forment des coupoles, les crânes couvrent les murs... Les lustres sont en os, il y a des guirlandes et des frises de colonnes vertébrales. La dernière salle contient plusieurs squelettes d'enfants (!) dont un magnifique au plafond, avec de fausses ailes en os, une faux en os ainsi qu'une balance...oui, en os aussi. Très touristique, mais ça fait toujours son petit effet.
Puis longue et pénible marche jusqu'au Camp Prétorien à l'est de la ville. Sauf qu'il n'en reste là aussi quasiment rien. Enfin je crois puisqu'une fois devant ce qui semble être une base militaire (actuelle donc !), un demi-tour s'impose. Et de là, nouvelle longue et pénible marche jusqu'au Musée Borghese, puisque la visite commence à 17h. On a quand même passé 15 minutes à marcher dans le parc à la recherche de toilettes (qu'on a trouvé quand même). La visite de la pinocothèque ne dure que 30 minutes. Sincèrement, il y a tellement de tableaux accrochés partout qu'on ne sait plus où regarder et qu'à la fin, on ne retient finalement pas grand chose... A noter tout de même : la « petite » sculpture du Bernin, qu'il aurait fait vers l'âge de 10 ou 14ans... Tout de suite, ça calme. Mais c'est surtout l'étage inférieur qui retient le mieux notre attention. Dans chaque salle, de magnifiques plafonds prennent vie sous nos yeux. Des sculptures (surtout du Bernin, d'autres de l'antiquité romaine, d'autres encore d'artistes moins connu) trônent dans chaque pièce. La plus remarquable de toutes est celle d'Apollon poursuivant Daphné, laquelle se change en arbre au même moment. Une des plus belles statues que j'ai pu voir durant toute ma (courte) vie ! Et bien sûr, la dernière salle contenait plusieurs chefs d'oeuvres du Caravage, mon peintre préféré ! Les arrières-plans toujours extrêmement sombres font ressortir les personnages type « hyper-réaliste » au premier plan. La jeunesse et la beauté des corps (souvent masculin, pour ne rien gâcher) est extrêmement bien rendu, et contraste d'autant plus avec la laideur qu'il est capable de peindre avec autant d'habileté (vieux saint Jérôme décharné, Anne en vieille mégère, son autoportrait en Goliath décapité tenu par un ravissant David !). Ce musée est magnifique, sans conteste un des plus beaux au monde (c'est qu'il nous en reste à voir encore !). D'autant plus que l'audioguide est assez bien fait et surtout très instructif.
La rentrée à l'appartement se fait en métro, vers 19h. Particulièrement étroit. Poisseux. Marcher dans ces longs couloirs se révèlent un parcours du combattant. Et encore ! Le métro de la ligne A est plutôt neuf et agréable (tout blanc, avec des écrans plats pour les pubs). Le métro de la ligne B est une véritable horreur : entièrement tagué des roues au plafond, avec des odeurs tout aussi désagréable (Comme dans toutes les grandes villes hein, j'ai rien en particulier contre Rome !).
23 septembre 2008
Voyage à Rome, première !
Et comme je suis gentil, vous avez droit à ma narration de notre voyage (au Axel et à le moi) à Rome, avec presque deux semaines de décalage !
Explication : Nous devions initialement partir à 5. Mais devant trois désistements, nous avons dû finalement nous résoudre à partir en voyage romantique. Dans la ville éternelle. Qui ressemblait quand même beaucoup à une poubelle.
Claqué tout au long du séjour, j'ai écrit un p'tit résumé de chaque journée, pour ne rien perdre du voyage. Je post ici, pour débuter, le lundi 8 et le mardi 9. Puisque j'avais écris ces deux journées le dit-mardi, à 20h environ. Vous suivez ? Moi, pas !
En tout cas j'essaierai chaque jour suivant de poster la suite. Youpi. Je vous fait remarquer par avance que je parle rai beaucoup de bouffe durant mes différents résumés. C'est normal. C'est l'histoire de ma vie...
Premier jour : Lundi.
Prise d'avion à Baden-Baden. Chauffeur de Strasbourg jusqu'à l'aéroport assez bavard. Mangé une pizza italienne en Allemagne en attendant l'avion. Oublié de préciser aux douaniers la présence de mon eau pour lentilles de contacts. Finalement pas eu de problèmes. Premier voyage en avion de ma vie : tout se passe bien, même si léger chatouillis dans le ventre au décollage et à l'atterrissage. Problème de bus une fois à l'aéroport banlieusard de Rome : le chauffeur semble avoir eu des déconvenues avec la police locale (d'autant plus que sa tête n'inspire pas confiance) ... Finalement parti en retard, coincés dans les bouchons... puis arrivé à Termini (la gare centrale de Rome). De là, il a fallu trouver l'adresse précise de l'appartement ou nous logeons, dans les quartiers les plus mal famés de la ville. Finalement, surprise, les propriétaires sont très gentils (bien que peu présents pour l'instant) et nous avons un grand et bel appartement de 70m2 pour nous deux. Sortie en ville pour découvrir les environs, impossible de trouver un restaurent précis (le tram-tram, de toutes façons fermé les lundis) donc p'tit resto local à la place. Finalement bonne surprise, ce restaurant à l'effigie de vache (Porca Vacca) propose de nombreuses pièces de viande. La serveuse parle le français sans problèmes : dommage, j'essaie quand même de baragouiner de l'italien de temps en temps, pour le plaisir. Nous nous rabattons sur une pizza de la maison, à partir de sauces tomate, champignons frais, mozarella, boulettes de boeuf et morceaux de farce : un régal. Le coucher se fait vers 1h du matin, après une douche bien méritée.
Deuxième jour : Mardi.
Journée découverte de la ville. Levé à 10h30, préparation puis a 12h en ville. Cette fois-ci, direction le sud, vers le Colisée. En chemin, on essaye de nombreuses fois de trouver la Domus Aurea et les Thermes de Trajan... C'est finalement par hasard, après avoir abandonné, que nous trouvons la petite entrée pour visiter cette maison dorée. Seulement les billets s'achètent aux colisée, et les visites sont en anglais. Le tout est donc reporté à un jour ultérieur, vu le nombre de personnes faisant la queue... Place du colisée, on le découvre au moins de l'extérieur (l'intérieur est prévu pour le lendemain, mais cette fois-ci en s'y prenant plus tôt en début de matinée) ainsi que l'Arc de Constantin. A 14h, nous empruntons le métro (Colosseo) pour la place d'Espagne (Spagna) où nous mangeons dans le premier MacDo de Rome (qui est aussi magnifique). Puis de là, nous partons vers l'ouest et nous nous arrêtons sur la piazza Augusto (anciennement le champ de mars, comme toute cette zone)... Nous faisons connaissance avec l'architecture fascisante de Mussolini autour des ruines du mausolée d'Auguste. Entré dans le musée de forme contemporaine qui contient l'Ara Pacis (l'autel de la paix) pour une brève visite d'à peine une heure. Vers 16h, nous suivons le cours du Tibre pour nous rendre à la Piazza del popolo (éthymologiquement, popolo rappelle le peuplier de Néron, et non le peuple !) avec son obélisque central, datant de Ramsès II et piqué d'Egypte par Auguste. De là, on a longtemps tourné en rond pour trouver de quoi se rafraîchir (on a pris à emporter plutôt que de se poser en terrasse !). Puis de la même place, nous sommes montés jusqu'au parc en surplomb pour nous y (re)poser/disputer... Et zou, vers 17h, direction Galleria Borghese, histoire de réserver des places pour la semaine (puisque les visites se font toutes les 2 heures, par groupe de 300 et que le tout est chronométré scrupuleusement par les gardiens.). Une fois les billets en poche, nous avons rejoint le métro (Spagna, alors que nous comptions prendre l'arrêt Flaminio... aucune idée de comment ou pourquoi nous avons gagné une station de métro à pied... Tant mieux, en un sens.) Arrivé à Termini, nous avons tourné en rond pendant plus d'une demi-heure avant de trouver enfin une petite supérette souterraine, afin de quoi acheter de quoi consommer dans la semaine. Retour à l'appartement à 19h, douches (successives !) et lectures et prises de notes (vive le guide du routard !) pour l'excursion du lendemain. Les pâtes bolognaises sont en préparation, la faim toque à notre porte.
Petite précision : Non, pas de photos pour ces deux jours là ! Mon appareil portable numérique n'avait plus de piles... Bon, je pourrais toujours en piquer à Axel : il en a pris environ un millier (le chiffre est exact, je n'exagère même pas.) De mon côté, je n'en ai pris qu'environ 330. Bon en même temps, des photos de Rome, tout le monde en a vu, nan ? Bon, je tacherais d'en mettre quelques unes, la prochaine fois.
TDK : Ultime Acte.
Ouf, on arrive au bout de ce film. Fatigués? Moi, pas. J'ai déjà longuement parlé des personnages principaux... Qu'en est-il des personnages secondaires? En fait, ceux-ci ne sont pas en reste. Par des petites allusions, par des jeux de regards, par la gestuelle ou la vie que les acteurs insufflent à leurs personnages, aucun ne dénote dans le lot. Ce que j'adore surtout est le traitement fait aux différents salops de l'intrigue. Parmi eux, Maroni et ses taupes. Tous sont pourris, sans exception. Wuertz et Ramirez sont ses deux principaux informateurs, des flics ripoux mais avec quelque chose en plus qui transparaît tout du long : la Detective Ramirez fait deux fois allusion à sa mère qui se trouve à l'hopital et dont elle s'occupe nuit et jour. Les extras qu'elle se permet (en faisant du racket, comme le mentionne Dent?) sont avant tout pour pourvoir aux besoins de sa mère. Tout du long, elle semble s'excuser avec ses yeux, pleine de remords... Le detective Wuertz lui est un vieux loup de mer, qui a appris à vivre avec son temps. La seule scène qui lui est clairement dédié le montre brisé par l'alcool... « It's my day off » s'excuse-t-il auprès du patron mais il a plus probablement été démis de ses fonctions (et sujet d'une enquête, puisque Gordon est au courant qu'il a été le chauffeur qui a emmené Dent vers son destin). Il est donc seul, au bar, perdu dans ses pensées au fond de son verre, et quand Dent, à moitié défiguré, le confronte et pose les questions, Wuertz se transforme en petit garçon apeuré aux réponses éculées « I didn't know what they would do to you! ». Le personnage en devient presque pathétique et, du coup, touchant... Salvatore Maroni, enfin, est l'un des grands patrons de la pègre. Ce n'est pas un tendre, c'est un salop, un vrai, un tueur. Et pourtant, Eric Roberts (que je ne connaissais que grâce à son rôle dans Heroes saison 1, et que je détestais pour ça... alors qu'au final, c'était bel et bien le personnage qui était bidon) joue ce connard tout en nuance... Flanqué d'un air perpétuellement cynique sur le visage, il est aussi la face humaine de la mafia. Il éprouve des regrets et les expriment à plusieurs reprises. Tout repose sur son jeu d'expression faciale (haussement de sourcil, moue boudeuse, sourire en coin, etc...) souvent filmé de façon furtive.
Et que dire des autres ! Tous, absolument TOUS sont brillamment interprétés... Le détective Stephens, bras droit de Gordon, que l'on soupçonne à plusieurs reprises durant le film alors qu'il est le seul qui soit finalement aussi intègre que son patron. Lorsque le Joker se sert de lui et le pousse à bout afin de s'évader (« Do you wanna know which one of them were cowards ? »), ce détective a droit à quelques mots qui résument sa personnalité et sa vie. Et là encore nous n'avons affaire qu'à un personnage secondaire parmi tant d'autres (Encore que celui-ci ait ma préférence puisqu'il jouait aussi avec brio le chasseur de vampires et ennemi juré du couple Angel/Darla, j'ai nommé Holtz, dans Angel saison 3...) ! Les exemples sont trop nombreux pour être tous cités... Une pensée encore pour le prisonnier malade mental avec une bombe et un téléphone greffé dans le ventre (l'acteur est particulièrement convaincant...) ou le capitaine du Ferry avec les civils... et parmi eux la mère de famille, ou l'espèce de salopard qui pense être prêt à se salir les mains (dont les mains tremblent sensiblement... et l'une d'elle comporte une alliance à l'un de ses doigts, détail détail...) pour sauver sa peau. C'est tout cette vie que le réalisateur a su insuffler à ses personnages, du principale protagoniste au plus obscur petit second rôle, qui permet de donner une certaine richesse au film.
Les musiques de James Newton Howard et de Hans Zimmer sont un modèle de perfection. La B.O. se démarque d'ailleurs, comme pour le premier opus, par le fait qu'elle ne comporte pas de grand thème héroïque associé à Batman. Le thème un tant soit peu pompeux est dédié à Harvey Dent, véritable héros américain (jamais très loin d'un Kennedy)... même si ce thème comporte quelques discordances sur la fin. La mélodie pompeuse se transforme peu à peu en mélodie lointaine, brisée (les notes au piano se font de plus en plus espacés)... Avant de finir sur le magnifique « Watch the world burn » où les violons langoureux, lors du face à face à face...à face, se font de plus en plus cacophonie avant de sombrer dans la folie, dans le chaos le plus total (à l'image, bien sur, du protagoniste...devenu pour le coup antagoniste)... Et pour le Joker ? Lui, pour le coup, a droit à sa musique atitré... enfin, musique... « Why so serious » est un exemple vibrant de musique décalé, sans dessus dessous et presque dérangeante... (arrêt brutal du son, passage abrupt des aigus aux graves) C'est aussi dans ce morceau que l'on peut entendre les petites notes de piano désaccordées lorsque le Joker fait se révèle dans différentes scènes. Et c'est la même chose pour l'espèce de ... « mono-son » qui précède chacune de ses entrées en scène... Un peu comme un espèce de buzz dérangeant, qui nous fait grincer des dents. A noter tout de même que c'est la première fois -de ma vie- que je pleure pour une musique... Je parle ici du titre finale (« A Dark Knight », et plus précisément le passage déchirant avec moults violons entre la 3ième et la 7ième minute -oui, le morceau dure 16min15- ... Et ce alors même que je n'avais pas encore vu le film !
Je crois que l'on approche de la fin de cette critique-analyse, qui ressemble le plus souvent à un gros « Trop de la balle ». Trop bien ? Oui. Mais.
Ah, ce « mais ». C'est ce qui m'a empêché au premier visionnage d'être complètement emballé par le film. C'est ce qui m'a empêché, lors des cinq visionnages suivants, de mettre la note parfaite pour un film parfait. Sans hésiter, bien sur, je mettrais un p'tit 9 sur 10 à ce film tout de même très couillu et très bien fait, en terme de scénario, réalisation, musique, jeux d'acteurs, etc.
Mais combien après la virgule ? 9,2 ? 9.6 ?... En fait le principal problème vient justement de cette fichu scène finale. La fin avec le Joker est parfaite : non seulement celui-ci tombe de plusieurs étages (petit clin d'oeil au Joker de Nicholson ?) mais encore le fait-il en riant (détail important ! là où le Joker de Nicholson avait peur et tombe en hurlant, celui de Ledger rit aux éclats alors qu'il est sur le point de mourir ! Quelqu'un qui rit face à la mort, bizarrement, m'effraie davantage) pour se faire finalement rattrapé par Batman. La boucle est bouclée, ces deux-là seront des ennemis pour le reste de leur vie, et le Joker de Ledger atteint l'immortalité.
C'est la fin de Double-Face qui me pose beaucoup plus problème : vivant ? mort ? Il semblerait que Christopher Nolan (ou la production ?) n'arrive pas à se décider. Harvey Dent, qui tombe de plusieurs étages, gît en bas de l'immeuble, pendant que Batman et Gordon improvisent un plan. Le hic, c'est la chute de Dent. Je ne m'attendais pas à un grand saut de l'ange au ralenti sur fond de violons, mais à un minimum, tout de même ! Hors là, nous avons une musique soudaine (et trop typé héroïque) où on nous montre une ombre (Batman) en train d'en pousser une autre (Dent) ... Puis plus rien. Harvey est au sol, la nuque brisé nous annonce le script. Seulement, rien ne nous la prouve, visuellement parlant, sa fichu mort ! Et ce n'est pas une question de sous-lecture ou de dialogues très fins : c'est clairement une absence de décision nette, une porte de sortie ouverte, ou non, pour l'avenir. Et, pour une fois, j'aurais aimé avoir une réponse claire...
A présent tout repose donc sur un 3ième opus ! Si jamais Double-Face a trouvé sa fin dans cette chute finale alors il faudrait presque re-tourner cette scène, voir l'allonger, et nous permettre (à moi et à d'autres) de faire notre deuil. Si il est bien mort dans cette scène, alors c'est bien dommage qu'elle finisse aussi abruptement, ce serait à deux doigts du mauvais goût. Si, au contraire, le personnage est toujours vivant (après tout les dialogues ne font allusion qu'à la mort de sa réputation) alors il serait clairement intéressant de le ressortir du placard dans la 3ième suite. Je l'ai déjà dit ici, mais je vote personnellement pour un coma profond ! Le discours de Gordon pour Dent, entre aperçu à la fin du film, prendrait du coup tout son sens.
En bref, vous l'aurez compris, c'est cette fichue mort ou pas-mort qui me courre sur le haricot et m'empêche de couvrir ce film d'éloges (Quoi ? C'est pas ce que j'ai fais pendant 11 pages d'OpenOffice, on m'aurait menti ?) ... Ça et le fait que, de temps en temps, je trouve le montage du film trop rapide à mon goût, notamment dans la première heure du film. J'aurais aimé un film qui prend un peu plus son temps, qui ait l'air moins pressé (ce qu'il fait par moment, heureusement). En gros, j'aurais bien aimé un film de trois heures. Damn you, Warner Bros. !
Et pour finir de chez finir, non, je n'ai pas fait allusion aux différentes visions religieuses et/ou politiques que l'on a tenté de faire endosser au film. On a en effet d'un côté un Batman Christique parcequ'il prend la décision de se sacrifier (spirituellement parlant... mais dès qu'un film parle de sacrifice pour les autres, d'abnégation, il est aussitôt taxé de faire partie de la Jésus Corp.) et de l'autre côté, nous avons différentes familles politiques qui essaient de se l'approprier. Le discours du film fait très fasciste pour beaucoup (voir l'article de Libération sur ce film, assez condescendant et qui mentionne en passant leur point de vue politique, c'est tellement bienvenu! -oh ça et le fait que l'auteur face allusion à Heath Ledger dans son rôle de "cow-boy pédé" (sic)...- Bref, la crème des critiques cinémas !) alors qu'il me semble pourtant évident que ce film, et Nolan à travers lui, est d'une humanité sans pareil.
J'aime le Cinéma et les différents films pour les histoires qu'il peut m'offrir. Pour l'évasion qu'il me procure. Mais sans toutefois trop s'éloigner de la réalité. Et j'ai été plus que gâté avec ce film : c'est une sacrément belle histoire qu'il raconte.
Fin.
(Je crois.)
15 septembre 2008
Pendant ce temps...
Petite aparté dans mes posts Batmanien (oui, j'ai bientôt fini! Plus qu'un post, à la rigueur deux, mais ce sera tout.) pour dire que je reviens tout juste d'une semaine passée à Rome ! Et que j'ai surtout fait un mini compte-rendu de chaque journée (en temps réel donc) que je compte bien poster ici , avec tout plein de photos du séjour en plus! Mais seulement une fois que j'aurais définitivement internet dans le nouvel appartement (heureusement, j'ai encore mon pc, tout perdu dans mon ancien appartement... qui du coup est assez vide...)
*Fin de la bande-annonce*
You thought we could be decent men in an indecent time.
(100% spoiler, comme depuis le début! =))
Il est maintenant temps de parler du vrai héros de The Dark Knight. Si Batman et le Joker sont tous les deux les faces inversées d'une même pièce, alors Harvey Dent est cette pièce. Le chevalier blanc de Gotham se retrouve tiraillé dans un conflit qui le dépasse. Il est le centre d'intérêt de cette bataille, et les différents coups du sort qu'il reçoit, ainsi que les choix qu'il fait, font de ce protagoniste un véritable personnage de tragédie antique.
Je l'ai décrit précédemment, Harvey Dent est le plus heureux des hommes. Il a une fiancée qu'il aime à la folie, il est acclamé par la foule qui croit en lui, il a un boulot qu'il aime tout autant et pour lequel il est doué. Il a toutes les qualités : il est loyal, honnête et droit. Et tout ça, il le doit avant tout à lui-même. « I make my own luck ». La pièce fétiche (donné par son père, comme dans The Long Halloween de Loeb et Sale, même si ici il n'y a pas de mention des abus qu'il aurait pû commettre sur son fils.) qu'il utilise de temps en temps pour prendre des décisions importantes n'est qu'un leurre. Sa pièce est truqué et retombe toujours sur une de ses deux faces.
Ce qu'il ignore, c'est le poids que son entourage finit par lui mettre sur les épaules. Batman/Bruce Wayne voit en lui le successeur qu'il faut à Batman. Quelqu'un avec le même goût pour la justice, mais qui ne porte pas de masque. Un exemple qui inspire les gens dans le bon sens (ce que Batman n'a pas réussi à être). Harvey Dent est la première vraie bouffée d'espoir pour Gotham City (« since decades » ... en référence à Thomas Wayne, son père ?). Et c'est peut-être aussi le message cachée derrière la scène de l' expérience sociologique des deux Ferrys : Harvey Dent a commencé à insufflé un peu d'espoir dans les vies de ses concitoyens et c'est ce qui empêche en grande partie les deux bateaux de se faire exploser mutuellement. (Ça et le fait que du strict point de vue sociologique, il est toujours plus intéressant dans le « Dilemme du prisonnier », dont l'expérience est issue, que les deux parties ne se sabordent pas l'une l'autre et se fassent confiance.)
D'un autre côté, nous avons le Joker qui à su voir aussi en Dent le potentiel d'espoir de changement pour la ville. Et se l'accaparer à sa façon tordue. Harvey Dent et son changement inévitable en Double-Face est la plus grande victoire du Joker, celle dont il est le plus fier.
« All it takes is a little push ! »
Harvey Dent se croit sortie d'affaire après l'impressionante scène de poursuite du convoi blindé. Et c'est après ce qu'il pense être une victoire que tout lui est arraché. Attaché à une chaise près de barils prêts à exploser, il découvre que la femme qu'il aime est en train de subir le même sort, à plusieurs kilomètres de lui, et que seul l'un des deux pourra être sauvé. Et grâce au Joker, rien n'est laissé au hasard : ce sera Harvey Dent qui sera sauvé, mais détruit mentalement. Plutôt que de le tuer (comme ce fut sa première idée, le Joker change constamment ses plans, au gré de ses envies, c'est aussi une de ses forces), il décide d'en faire un tueur. De le corrompre plutôt que d'en faire un martyr. De le détruire corps et âme.
La mort (choquante) de Rachel était un mal nécessaire à la naissance d'une nouvelle situation, d'un nouveau méchant et d'un changement dans l'intrigue. Désormais Batman est faillible : la demoiselle en détresse n'a pas été sauvée. Il apprend ses limites, il comprend qu'il a fait des erreurs. Même chose pour Dent ou même pour Gordon. Rachel est la victime innocente de leur pacte d'agression contre les « vilains ».
Le fait qu'Harvey Dent soit défiguré à moitié suite à l'explosion de l'entrepôt dans lequel il se trouvait n'est finalement presque qu'anecdotique. Nous avons affaire à un homme profondément en colère (et peut-être aussi aveuglé par une douleur aussi insoutenable physiquement que mentalement, mais douleur qui lui sert aussi de moteur à sa haine), un homme qui accomplit sa vendetta personnel après ceux qu'il rend responsable de son état. Tout le monde y passe : Le joker d'abord qui minimise sa responsabilité et se fait même l'apôtre, une fois encore, de sa philosophie en lui révélant que la seule chose d'équitable dans ce monde injuste est le chaos, le hasard le plus total et aveugle. Il libère Harvey Dent et lui donne un but. Celui-ci le prend au mot, « succombe au mal », et se sert désormais de sa pièce fétiche (confiée à Rachel peu avant sa mort et dont une des deux faces a été noircie et rayée lors de l'explosion) pour décider du sort de ses victimes. Le premier, le joker, est le plus chanceux. Viendra le tour de tour de Wuertz (flic corrompu qui l'a emmené à l'entrepôt) puis de Salvatore Maroni. Mafieux italien et ennemi juré de Dent, celui-ci dispose de nombreuses taupes dans la police... notamment dans l'unité d'élite de Gordon. Et c'est ce qui énerve Dent d'autant plus : malgré ses nombreuses mises en garde, Gordon a préféré « pactiser avec la diable », se servir d'un moindre mal pour en combatte un plus gros. Ce que Double-Face reproche à Gordon est donc un manque flagrant de morale : c'est pourquoi le commissaire Gordon (après Ramirez, la seconde taupe de l'équipe) se révélera être sa principale victime.
La confrontation finale du film se révèle des plus brillantes. Plus de joker ni de bombes : nous nous retrouvons à nouveau au milieu de ces trois hommes, de ce triumvirat brisé qui tente de comprendre ce qui s'est passé, de faire un rapide point sur lui-même. Les véritables déclencheurs de tout ce cirque, ce sont eux. Ce sont les seuls responsables de leurs propres destins, ce sont leurs choix qui les ont conduit à cet instant tragique où Harvey Dent, devenu définitivement Double-Face, menace la famille puis le fils de Gordon. Vidé de tout sens morale, remplie par une haine qui le consume, Harvey décide de s'en prendre donc aux véritables responsables, toujours grâce à sa pièce fétiche. Batman d'abord, qui ne sera pas des plus chanceux (mais il porte une armure, c'est de la triche.) Harvey Dent lui-même, qui pointe tout-de-même son arme vers sa propre tempe, et remet son destin entre les mains du hasard. La pièce tombera du bon côté. Mais soyez sûr qu'il se serait aussitôt donné la mort si la pièce le lui avait dicté. Gordon, enfin, dont la punition ne sera pas sa propre mort si le hasard lui dicte, mais de voir celle de son fils de ses propres yeux. Cette scène atroce n'aura finalement pas lieu (dommage ?) puisque le héros-qui-n'en-n'est-pas-un se resaissit et tout est bien qui finit bien. Sauf pour deux personnes :
-Harvey Dent, bien sûr, dont le destin reste volontairement flou. Est-ce que sa chute s'est révélée mortelle ? Le script officiel du film (et trop proche de ce que l'on voit à l'écran pour ne pas être légèrement douteux) prétend que oui. (« Dead. His neck brocken. ») Seulement le film, c'est à dire ni les paroles ni les images ne font référence explicitement à sa mort. La réputation d'Harvey Dent semble morte. Mais qu'en est il du personnage de Double-Face ? On voit également le commissaire faire un éloge d'Harvey Dent devant une foule épleurée. Mais vu l'importance qu'avait le personnage, cette éloge aurait aussi bien pu avoir lieu si celui-ci était dans le coma. C'est, à mon sens, l'explication la plus plausible si celui-ci n'est pas mort. Et vu le traitement qu'à eu la mort de ce personnage, d'après les images, celui-ci ne peut pas être mort. Je tenais ici à exprimer mon avis sur un débat qui déchire les fans. (Les « Mais bien sur qu'il est mort, ca crève les yeux! » et les « Mais non pas forcément, les actes et les paroles de la scène finale sont plus fines que ça et suffisement ambiguë pour nous imposer la réflexion! »)
-Batman, d'autre part, qui se retrouvera devant ce qu'il sait faire de mieux. C'est à dire se sacrifier. Pour les autres, pour Harvey, pour l'espoir que celui-ci avait commencé à faire naître, et un espoir qui doit donc perdurer. Quitte à mentir à la population, à endosser les crimes de Double-Face sur son propre compte. « To make the choice that no one else could make. » comme l'avait prophétisé Alfred. Il devient donc au final un véritable hors-la-loi, pourchassé et haï de tous, et il prend sur lui le fardeau des assassinats de Dent, pour le laisser, lui et ce qu'il représente, intact. L'espoir préservée par le mensonge. C'est quand même superbement immorale et couillu comme conclusion de ce qui est considéré par beaucoup comme un simple blockbuster estival, non ?
(Non, vous ne trouverez pas d'images officielles de Double-Face ! Christopher Nolan préfére laisser la surprise au spectateur durant le film ! En même temps, si vous lisez cette page, vous devez déjà avoir vu le film auparavant...du moins, je l'espère.)
04 septembre 2008
(S)laugher is the best medecine.
Ne vous y trompez pas. Nous avons là un nouveau grand méchant du Cinéma (avec un grand C). Je ne sais pas si c'est trop tôt pour le dire, mais la postérité pourrait bien placer le Joker de Ledger aux cotés d'autres grands noms comme Hannibal, Dark Vador et autres Norman Bates.
Voici à présent ce que je pense avoir compris du personnage, le tout avec mes modestes neurones et, avouons-le, beaucoup de lecture. Plus qu'un antagoniste, le joker se pose presque en arbitre du conflit. C'est lui qui distribue les cartes. Nous l'apprenons cependant très vite : ce sont des cartes truquées qu'il distribue tout au long de cette partie (les multiples trahisons, les plans cachés dans les plans, les interchangements...).
Extrêmement ingénieux, il semble toujours avoir une longueur d'avance sur tous les autres personnages. Ses plans sont toujours soigneusement élaborées (braquage de banque, multiples assassinats, attaque d'un convoi blindé, la carte « sortie de prison » et autres « expériences sociologique »1) et il semble avoir appris à maitrisé, ou du moins à prendre considérablement en compte, la grande force qu'est le Chaos. Autrement dit le hasard, les petites choses qui font que tout ne se passe pas comme prévu. Avec ses multiples issues de secours (et un peu de chance), le Joker n'est jamais vraiment pris de cours. C'est aussi un grand manipulateur et il sait se montrer particulièrement persuasif : il réussit quasiment toujours à imposer ce qu'il veut à ses interlocuteurs.
Comme il l'annonce lui-même, il est un Agent du Chaos. En gros et pour parler simplement : il est là pour foutre la merde. Il n'est pas intéressé par la vengeance ni même par l'argent, celui-ci n'est d'ailleurs qu'un moyen, pas un but. D'abord pour attirer l'attention de tous, puis surtout pour s'acheter de quoi tout faire péter.
Nous
avons affaire à un méchant avec une philosophie des
plus discutables (mais pas méprisables !). C'est un personnage
qui déteste l'ordre établie, une espèce
d'anarchiste, mais dans sa forme la plus pure : le chaos pour le
chaos. Faire ressortir ce qu'il y a de plus dégoûtant
chez les êtres humains (peur, haine, égoïsme), pour
mieux leur faire sentir à quel point leurs petites vies sont
dérisoires. C'est le nihiliste par excellence. Ni Dieu ni
Maître ni Batman. Et cet apôtre du Chaos croit tellement
en ses principes (ou son absence de principes !) qu'il est prêt
à plusieurs reprises à offrir sa vie sur l'autel de sa
foi : il se met plusieurs fois lui-même en danger pour prouver
qu'il a raison. En ordonnant/suppliant le Batman de l'écraser
malgré la règle d'or de celui-ci (ne jamais ôter
la vie) ou en offrant à Harvey-plus-tout-à-fait-Dent un
revolver chargé et en le posant lui-même sur son front.
Le joker apparaît ainsi comme un fanatique.
Il est amusant de constater aussi à quel point le Joker le plus déshumanisé de la Saga Batman et en même temps le plus humain, le plus réaliste dans son traitement. C'est un homme. Juste un homme aux cicatrices (un « Glasgow Smile », ou un « Sourire de l'Ange ») d'origines mystérieuses : sa version des faits changent selon son interlocuteur. Il se réinvente chaque jour2. Du coup, libre au spectateur de se faire sa propre idée... Personnellement, je l'imagine comme un « self-made man »... quelqu'un naît dans une famille (avec énormément de contraintes ou, au contraire, une liberté totale ?) sans histoires, peut-être un peu bourgeoise, et dont le fils (doté d'un énorme Q.I.) à développé sa propre philosophie de vie et est parti dans le vaste monde la mettre à l'épreuve. Ou alors un clochard un peu fou mais intelligent, à vous de voir ! A chacun sa vision du mal...
Son apparence crade, entre le clochard cité précédemment et le clown de rue3, est quelque chose de nouveau chez ce personnage souvent bien propre sur lui. Son aspect faussement négligé va de pair avec un tempérament de chien fou. Ou du moins, c'est ce qu'il voudrait laisser croire puisque ce Joker a l'air d'être tout sauf fou.
Enfin, quelques mots sur l'acteur qui a su donner la vie à cette vision. Le cinéma a définitivement perdu quelqu'un qui se découvrait tout juste, qui, à 28ans, était déjà capable de démontrer des grands talents de comédien. Parfaitement caméléon, on a pu le découvrir dans plusieurs types de rôles, tous différents, et rarement l'acteur transparaît derrière ses personnages. Sans parler des véritables prises de risque dans le choix de ceux-ci (un écrivain un peu lâche dans Les Frères Grimm, un cowboy très ours mal-léché et un peu homosexuel dans Brockeback Mountain, et pour finir l'ennemi numéro un du Caped Crusader depuis déjà presque 70 ans : un clown diabolique...). Enfin je ne parle ici que des films dans lesquels je l'ai vu, et je dois dire que je suis bluffé.
Tout dans son jeu respire l'authenticité. Sa façon légèrement voûtée de se déplacer, ses claquements de langues hyper-fréquents, sa voix (en V.O. donc!) envoûtante (Le joker est un grand bavard dès que quelqu'un daigne l'écouter.) qui part dans de grands aigus irritants, ou au contraire se fait plus grave par moments... Ses hésitations -volontaires- lorsqu'il parle. Il a su également donner par moment un côté grand enfant (un peu gaté quand même) à son personnage... La scène de garde à vue (« I want my phone call ! ») ou celle où il rit à gorge déployé après avoir fracassé un hélicoptère. Quelle belle partie de rigolade, en effet ! Et son rire ?! Finalement très peu utilisés dans le film, les rares moments où il en use n'en sont que plus terrifiants : presque asthmatique, son rire frise souvent l'hystérie, comme un excès jubilatoire excessif mais très vite réprimé.
Ce joker aurait-il eu la même acclamation si son auteur n'était pas décédé trop tôt ? Je suis prêt à parier que oui. Est-ce que sa mort a contribué d'une quelconque façon au tapage monstre qu'à fait le film aux état-unis, acclamé par les critiques ? Bien sûr que oui, mais c'est un succès beaucoup moins dû à son décès qu'aux qualités intrinsèques du film. La mort de Brandon Lee, pourtant beaucoup plus célèbre de son vivant, n'avait pas donné, il me semble, le même succès cinématographique pour son « The Crow »...
1 Cette motivation se retrouve aussi dans l'album « The killing joke » d'Alan Moore...
2 Voir l'album « Arkham Asylum »; même si nous avons affaire ici à une réinvention de son passé, non de son présent.
3 Une critique négative assez amusante l'avait aussi traité de « prostituée qui se serait maquillée pendant une fellation »... Je reprendrais ce trait d'esprit mais pour en faire un compliment.
01 septembre 2008
TDK : Présentation, histoire et enjeux.
Comme le titre du film l'indique, nous sommes très loin d'un film type de Batman (c'est le premier des 8 films Batman...à ne justement pas avoir de « Batman » dans le titre)
L'histoire prend place dans une ville-type, une ville lambda... C'est Gotham City mais sans le gothique habituel. Cette fois-ci nous sommes en face d'une vraie ville, bien vivante. Un peu Chicago, un peu New-York, bref, une ville monstrueusement peuplé, et avec tout ce qu'il faut de quartiers huppés, moyens ou mal-famés. La mafia locale (et avec elle, tous les clichés qui l'accompagne) y a été florissante mais se trouve maintenant en crise : le Batman s'acharne sur eux depuis déjà plusieurs mois et leurs affaires traversent une nette période de crise...
Comme dit précédemment, ce n'est pas Batman le centre du film. Il y a dans ce film un florilège de personnages, à commencer par ses divers alliés : en plus d'Alfred Pennyworth, majordome paternaliste et confident privilégié, l'équipe s'agrandit avec Lucius Fox, maintenant grand patron de Wayne Enterprise et inventeur/bricoleur de génie. Continuant la voie tracée dans le premier épisode, le lieutenant Gordon, seul agent de l'ordre totalement incorruptible, continue de faire confiance à Batman pour rétablir l'ordre dans la ville tout en étant également le patron d'une brigade de choc, à savoir d'autres agents de la police de Gotham, parmi les moins-pourris (les detectives Stephens, Wuertz, Ramirez et d'autres). Le dernier allié en date, on le découvre au fur et à mesure du film: c'est le procureur nouvellement élu, Harvey Dent, qui essaie lui-aussi grâce à sa position nouvellement acquise de faire une différence, de sortir Gotham City de la corruption, de la guérir de la mafia qui la gangrène.
Très vite, un accord tacite est passé entre Gordon, Dent et Batman. Ce triumvirat se montre efficace et les mafieux se trouvent en mauvaise posture. (D'autant plus que leur « banquier », Lau) se fait extradé de Chine par un Batman aux méthodes toujours aussi expéditives mais néanmoins efficaces. Il est un 'hors-la-loi du bon côté' (le « vigilante » en anglais, je ne connais pas de mot équivalent en français :x) alors que Gordon se charge des arrestations en bonne et due forme et qu'Harvey Dent se charge des poursuites judiciaires et de l'aspect officielle de ces opérations. En bref, tout marche sur des roulettes.
Et, comme nous sommes dans un film, c'est là que les ennuis commencent. Déjà, tout n'est pas rose : Gordon à affaire avec son équipe de bras cassés, qu'il gère comme il peut. Si Batman est un mythe invincible, Bruce Wayne lui ne l'ait pas. Sa dernière altercation avec l'un des évadés d'Arkham Asylum lors du premier épisode, le docteur Jonathan Crane (Scarecrow) le prouve. (D'où un changement d'armure, qui s'inscrit ainsi parfaitement dans l'écriture du scénario !) D'autres sont encore en liberté, et tous n'ont pas encore été appréhendés. La vie intime du justicier solitaire n'est pas en reste, puisque son amie et amour d'enfance, Rachel Dawes, se trouve être la petite amie – futur fiancée d'Harvey Dent, tout en gardant son poste d'adjoint au procureur. Pour eux, tout roule aussi. Pas très jaloux, Bruce Wayne les laisse vivre leurs vies, tout en espérant secrètement un retour de Rachel dans ses bras : on à la un triangle amoureux pas trop foireux et qui fonctionne bien.
Surtout que loin de se la jouer passive, la jeune femme hésitante du début se retrouve vite face à un choix et elle se décide. Et elle s'y tient. Pour elle, sa vie se passera avec Harvey Dent qui représente la sécurité et le confort... Loin d'une vie difficile avec un Bruce Wayne/Batman perdue dans ses luttes intérieurs autant qu'extérieurs.
Et c'est dans ce climat, déjà pas très simple, qu'arrive un outsider. Christopher Nolan (réalisateur, je le rappelle!) avait décrit son personnage du Joker comme étant une « force de la nature ». Et une force, ce joker l'est assurément : considéré au départ comme du menu fretin aux yeux de tous, cet antagoniste verra sa réputation augmenté tout au long de l'histoire avant d'être considéré comme l'ennemi numéro un. Nous assistons vraiment à la création d'un personnage, mais pas de la manière traditionnelle dont on a l'habitude de nous présenter un nouvel ennemi. Ici, le Joker... « est »... Point final. Son origine, son nom, son histoire : tout est inconnu. Il passe véritablement au statut de mythe urbain. Et il en devient vite que plus effrayant. Le fait que l'on ne sache rien de son passé en fait un personnage neuf et frais et nous empêche de savoir par avance ce qu'il prépare. Des surprises, il nous en réserve plusieurs.






















